Obésité : une enzyme brûle naturellement les graisses stockées
Une enzyme capable de transformer les graisses stockées en chaleur a été identifiée par une équipe de chercheurs américains. Alors que son efficacité a été confirmée chez la souris, cette découverte offre un nouvel espoir de traitement de l’obésité et de ses complications.
Des chercheurs américains ont identifié une enzyme capable de transformer les graisses stockées en chaleur.
Des chercheurs de l’Institut du cancer Dana-Farber, en collaboration avec des scientifiques de l’Université de Californie ont identifié une voie moléculaire naturelle qui permet aux cellules de brûler des calories sous forme de chaleur plutôt que de les stocker sous forme de graisse. Une découverte qui pourrait offrir un nouvel espoir pour traiter et prévenir
l’obésité, le
diabète et les autres troubles métaboliques liés à l’obésité, y compris le
cancer.Graisse brune vs graisse blancheSchématiquement, l’organisme peut stocker les adipocytes, ou cellules graisseuses, de deux manières : au sein du tissu adipeux blanc, où elles restent stockées, ou dans le tissu adipeux brun, où les lipides sont dégradés. La couleur brune est liée au grand nombre de mitochondries contenues dans ce type de tissu, les mitochondries étant les centrales énergétiques de la cellule. Normalement, les mitochondries transforment normalement le glucose en ATP qui fournit l’énergie nécessaire aux réactions chimiques du métabolisme. Mais dans les cellules de la graisse brune, le glucose est consommé sans formation d’ATP, mais en produisant de la chaleur, un processus connu sous le nom de thermogénèse.
Les animaux qui hibernent, stockent la plupart de leurs graisses sous forme de tissu adipeux brun pour pouvoir traverser l’hiver sans avoir froid. Mais chez l’homme, les réserves de graisse brune sont très faibles, à part chez le nouveau-né, chez qui elle a pour but de le protéger des basses températures.L’un des enjeux de la recherche contre l’obésité est de mieux comprendre ce mécanisme de thermogénèse pour si possible, transformer la graisse blanche en graisse brune, ou du moins brûler la graisse stockée.L’enzyme PM20D1 transforme la graisse en chaleur !Les chercheurs américains auraient découvert le mécanisme “brûle-graisse” de la fameuse graisse brune chez la souris. A l’origine, une enzyme baptisée PM20D1, sécrétée par les cellules de la graisse brune et qui déclenche la production de composés appelés acides aminés N-acylés. Ces acides aminés N-acylés gras boostent le processus “brûle-graisse”, permettant alors une perte de poids.Quand ils ont injecté ces acides aminés N-acylés à des souris obèses nourries avec un régime riche en graisses, les chercheurs ont noté une perte de poids significative après 8 jours de traitement. La perte de poids était limitée au tissu adipeux.”Ces données suggèrent que soit PM20D1 soit les acides aminés N-acyl peuvent être utilisés à des fins thérapeutiques pour le traitement de l’obésité et d’autres troubles associés à l’obésité, tels que le diabète et la stéatohépatite non-alcoolique“, a déclaré le Pr. Bruce Spiegelman, directeur du département Métaboisme et maladies chroniques au Dana-Farber Cancer Institute et principal auteur de l’étude.La graisse brune, grand espoir de la lutte contre l’obésitéAvant cette étude, une protéine mitochondriale appelée thermogénonine (UCP-1 pour UnCoupling Protein) était considérée comme la seule à l’origine de cette capacité unique des cellules brunes à transformer la graisse en chaleur. Les résultats de l’équipe du Pr. Spiegelman ont permis d’identifier une autre voie à travers laquelle les acides aminés N-acylés peuvent activer la thermogénèse… et donc une autre voie pour permettre demain de mieux lutter contre l’obésité.La graisse brune est l’objet de nombreuses recherches. En janvier 2015,
une équipe australienne suggérait l’emploi conjoint de la leptine et de l’insuline pour transformer la graisse blanche en graisse brune. Selon les chercheurs du Maastricht University Medical Center aux Pays-Bas, il serait possible de créer de la graisse brune en se maintenant dans un environnement frais, tandis qu’une autre étude
publiée dans la revue Cell Press indique que le Mirabegron, un médicament utilisé pour traiter l’hyperactivité vésicale, pourrait jouer ce rôle.
D’autres recherches publiées en décembre 2014 ont attribué ces mêmes vertus à un traitement utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde.Click Here: camiseta river plate